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Il faut attendre le Moyen Age
pour y découvrir les premiers documents significatifs d' une véritable
organisation pastorale.
L' analyse archéologique nous offre une première datation
des structures d' alpage, au début du XIIème
siècle, ce qui ne veut pas dire qu' elles n' aient pas existé
avant cela.
A cette époque, le Haut Pays est dominé par au moins deux
grandes familles seigneuriales, celles des Rostaing de Thorame
et des Vintimilles.
Mais très rapidement, à l' échelle de deux siècles, se met en
place une nouvelle structure politique, celle des consulats
alpins, qui se caractérisent par une communautarisation progressive
des espaces d' alpage.
Ce sont désormais les statuts locaux qui régissent l'essentiel
des pâturages, appelés bandites, loués
annuellement par le système des enchères (ce droit est supprimé
par le Conseil Général en 1882). La Communauté est alors suffisamment
puissante pour réguler l'estive, que les troupeaux soient locaux
ou forains.
Le système perdure ainsi durant toute l' époque moderne.
L' aménagement des estives est ancien. Il se compose de cabanes,
destinées à accueillir les pâtres et le fruitier. A proximité
se retrouve parfois quelques construction enterrées qui servaient
à l' affinage et à la conservation des fromages.
Dans les alpages les plus extrêmes, de simples barmes,
abris sous roches, suffisaient à enlever les hommes des rigueurs
du temps.
Les animaux, enfin, étaient regroupés dans de vastes enclos de pierres
sèches, les vastieres, appelées en
Provence et dans le proche Piémont jas. H. Geist, qui les a dénombré
et relevé, a daté une de ces structures du milieu du Moyen Age,
mais il est probable qu' elles soient plus anciennes.
Ce n'est qu' à la fin du XIXème
siècle que se met en place le système des vacheries
d' altitude, correspondant à de vastes bâtiments allongés,
accompagnés de leurs fruitières.
A la fin des années 1950 et au
début des années 1960 a lieu une véritable
déprise agraire dans le Haut Pays. Les estives et les grands
troupeaux cèdent désormais la place à de petites unités, telles
que nous les connaissons encore de nos jours.
E. Gilli
Professeur d'Histoire
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